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DALI vs ON/OFF en éclairage tertiaire : quand le surcoût se justifie
Le DALI ajoute 10-15 €/m² au budget matériel mais réduit la consommation de 30-40 %. Voici les seuils précis (surface, horaires, type d'occupation) au-delà desquels c'est indispensable.
La question qu'on entend chaque semaine
« DALI ou pas DALI ? On fait le relamping LED, mais le devis avec DALI coûte 18 % plus cher. Ça en vaut vraiment la peine ? »
C'est une des questions les plus fréquentes en audit relamping tertiaire. La réponse honnête : ça dépend de votre contexte précis. Cet article donne la grille de décision opérationnelle pour trancher sans hésitation.
Important : DALI-2 (le standard 2026) reste notre recommandation par défaut pour tertiaire > 500 m². Mais ce n'est pas systématiquement le meilleur choix selon le contexte. On argumente ci-dessous.
Rappel des 2 modes
Mode ON/OFF simple
- Le luminaire est soit allumé à 100 %, soit éteint
- Pilotage par interrupteur classique (mural ou détecteur PIR)
- Pas de gradation, pas de tunable white, pas de scénario
- Coût matériel : baseline (référence)
Mode DALI-2
- Chaque luminaire est adressable individuellement
- Gradation 0-100 % continue
- Tunable white possible (température variable 3000-6500K)
- Scénarios programmables
- Maintenance prédictive (driver remonte ses métriques)
- Coût matériel : +10-15 €/m² vs ON/OFF (drivers DALI + bus + actionneurs)
Les économies réelles du DALI
Sur des données mesurées sur ~30 projets S Connect entre 2022 et 2026, voici les économies typiques du DALI vs ON/OFF :
| Fonction DALI | Économie typique vs ON/OFF |
|---|---|
| Détection présence avec gradation graduelle | 25-35 % |
| Gradation crépusculaire (compensation lumière du jour) | 20-30 % |
| Scénarisation horaire automatique | 5-12 % |
| Cumul des 3 (détection + crépusculaire + horaire) | 45-60 % |
| Ajout circadien HCL tunable white | +1-3 % (négligeable en €) |
Lecture : un système ON/OFF avec détection présence simple économise 25-35 %. Le DALI complet (détection + crépusculaire + scénarisation) économise 45-60 %.
Le DALI apporte donc 20-30 % d'économies supplémentaires vs ON/OFF + détection présence basique.
Le calcul ROI honnête
Sur un siège tertiaire 1 000 m² typique IDF :
| Configuration | CAPEX | Conso annuelle | Économie vs base | Payback DALI |
|---|---|---|---|---|
| LED ON/OFF (référence) | 25 000 € | 18 200 kWh = 2 460 € | — | — |
| LED ON/OFF + détection PIR | 27 500 € | 12 500 kWh = 1 690 € | -770 €/an | — |
| LED DALI-2 complet | 38 000 € | 8 000 kWh = 1 080 € | -1 380 €/an (vs ON/OFF) | 9,4 ans |
| LED DALI-2 + HCL tunable | 42 000 € | 7 800 kWh = 1 050 € | -1 410 €/an (vs ON/OFF) | 12,1 ans |
Lecture : le payback du surcoût DALI seul vs ON/OFF + PIR est de ~9-12 ans sur l'énergie seule.
C'est long. Donc DALI ne se justifie pas que par l'énergie pure. Il se justifie par d'autres facteurs.
Quand le DALI vaut clairement le coup
Critère 1 — Surface > 1 500 m²
Au-delà de 1 500 m², l'amortissement du bus DALI (câblage + actionneurs) sur un grand nombre de luminaires devient économique. Le surcoût marginal par luminaire baisse.
Critère 2 — Horaires variables / coworking
Si votre bâtiment a des horaires d'occupation non figés (espaces partagés, salles de réunion utilisées sporadiquement, étages différents selon équipes), le DALI valorise chaque heure d'inactivité.
Critère 3 — Forte composante "lumière du jour"
Si vos plateaux ont des fenêtres généreuses (rapport vitré > 30 %), la gradation crépusculaire DALI fait gagner 25-30 % en plus de la détection présence simple. Sur ON/OFF, vous éclairez la même intensité même quand il y a beaucoup de lumière naturelle.
Critère 4 — Stratégie QVT / HCL
Si vous voulez l'éclairage circadien (tunable white), le DALI est techniquement obligatoire (ON/OFF ne sait pas faire). C'est un argument non monétaire mais structurant si vous engagez une politique QVT/bien-être au travail.
Critère 5 — DEET 2030 sur tertiaire > 1 000 m²
Si vous êtes assujetti DEET, le DALI vous met en sécurité sur la trajectoire -40 % en 2030. ON/OFF + détection présence peut suffire sur certains profils, mais le DALI offre une marge de manœuvre précieuse.
Critère 6 — Reporting OPERAT
Le DALI permet une télémétrie fine des consommations éclairage par zone, exportable directement dans OPERAT. ON/OFF nécessite des compteurs séparés ou estimations.
Critère 7 — Continuité d'exploitation / ERP
Sur ERP catégorie 1-2 (stade, arena, théâtre), la maintenance prédictive DALI évite les extinctions imprévues. C'est de l'assurance, pas de l'économie pure.
Quand l'ON/OFF + détection présence suffit
Cas 1 — Petite surface < 500 m²
Sur 200-400 m², le surcoût DALI (drivers + bus + actionneurs) ne s'amortit pas. ON/OFF avec détection PIR capture 80 % des économies pour 15-25 % du surcoût.
Cas 2 — Horaires figés
Bureau standard 8h-19h sans variation → un planificateur horaire ON/OFF suffit. Pas besoin de DALI.
Cas 3 — Pas de stratégie QVT identifiée
Si vous ne voulez pas de tunable white / circadien, vous n'utilisez pas 60 % des fonctions DALI. Surcoût difficile à justifier.
Cas 4 — Budget contraint mais conformité DEET maintenable
Si votre arbitrage prioritaire est le ROI court-terme, ON/OFF + détection peut tenir DEET sur certains profils tertiaires (-25 à -30 % d'économies).
Cas 5 — Locaux pro à activité simple
Locaux techniques, archives, locaux poubelles, parkings basiques → détection présence ON/OFF suffit largement.
Le compromis intelligent : DALI partiel
Sur certains projets, on installe :
- DALI-2 sur 60 % des luminaires : plateaux open-space + salles de réunion + accueil
- ON/OFF + détection sur 40 % : circulations, locaux techniques, archives
Cela permet de capturer 90 % des économies pour 70 % du surcoût DALI complet.
Architecture type sur siège 2 000 m² :
- Open-space (1 200 m²) : DALI-2 + tunable white + gradation crépusculaire
- Bureaux fermés + salles de réunion (400 m²) : DALI-2 standard
- Circulations + cafétéria (300 m²) : ON/OFF + détection PIR
- Locaux techniques (100 m²) : ON/OFF + détection PIR
Cette architecture mixte est ce que nous recommandons sur 70 % de nos dossiers tertiaires IDF.
L'arbre de décision express
Question 1 : surface > 1 500 m² ?
- Oui → DALI sérieusement envisageable
- Non → ON/OFF + PIR souvent suffisant
Question 2 : assujetti DEET 2030 (tertiaire > 1 000 m²) ?
- Oui → DALI recommandé pour marge de manœuvre
- Non → ON/OFF + PIR possible
Question 3 : horaires variables / espaces partagés ?
- Oui → DALI rentable
- Non → ON/OFF + planificateur horaire suffit
Question 4 : stratégie QVT/HCL explicite ?
- Oui → DALI obligatoire (tunable white)
- Non → ON/OFF possible
Question 5 : fenêtres > 30 % de la façade ?
- Oui → DALI rentable (gradation crépusculaire)
- Non → ON/OFF possible
Score 3-5 oui sur les 5 → DALI complet justifié Score 1-2 oui sur les 5 → DALI partiel ou ON/OFF + PIR Score 0 oui → ON/OFF + détection PIR suffit largement
Pièges à éviter
1. Choisir DALI sans utiliser ses fonctions
Beaucoup d'installations DALI sont paramétrées en mode ON/OFF basique parce que personne n'a configuré les scénarios. Le surcoût matériel est gaspillé. Toujours prévoir la configuration DALI dans le devis (~500-1 200 € selon complexité).
2. Mélanger DALI-1 et DALI-2 dans une même installation
DALI-1 (legacy) et DALI-2 sont en théorie compatibles, mais en pratique les implémentations diffèrent entre fabricants. Exiger DALI-2 certifié sur 100 % des luminaires en relamping moderne.
3. Choisir ON/OFF pour économiser puis ajouter DALI plus tard
Migrer ON/OFF → DALI coûte 2-3 × plus cher que de poser DALI dès le départ (besoin de retirer les drivers ON/OFF, tirer un bus DALI, reconfigurer). Décider en amont, pas en cours de route.
4. Sous-estimer le coût de configuration
Le DALI nécessite une configuration initiale (adresses luminaires, scénarios, capteurs). Comptez 1-3 jours d'expert selon taille. Ce coût n'est pas dans le matériel mais dans la mise en service.
5. Oublier la formation utilisateur final
Le client final (facility manager ou syndic) doit savoir configurer/modifier les scénarios simples. Sans formation, il appelle l'installateur pour chaque ajustement. 1h de formation suffit typiquement, à inclure dans le devis.
FAQ
Le DALI consomme-t-il en standby ?
Marginal : ~0,3-0,5 W par luminaire en standby DALI (driver à l'écoute du bus). Sur un siège 1 000 m² avec 80 luminaires, ça fait ~35 W permanent = 300 kWh/an = 40 €/an. Largement compensé par les économies en exploitation.
Le DALI fonctionne-t-il sans internet ?
Oui, en local. Le DALI est un bus filaire qui fonctionne en autonomie. Internet n'est nécessaire que pour les fonctions avancées (cloud reporting, IA, app pilotage à distance) — qui sont optionnelles.
Que se passe-t-il si un driver DALI tombe en panne ?
Le luminaire concerné s'éteint (ou reste en mode dernière commande selon configuration). Le reste de l'installation continue. Remplacement driver typique : 60-150 € pièce + main d'œuvre.
Le DALI supporte-t-il le tunable white ?
Oui, c'est même un des avantages principaux. Drivers DALI tunable white = ~+30 % vs DALI standard, justifiable si stratégie HCL.
Faut-il un superviseur central pour DALI ?
Pas obligatoire. Le DALI peut fonctionner en mode autonome avec capteurs + actionneurs locaux. Le superviseur (PC ou tablette) est utile pour les modifications de scénarios et le reporting, mais l'éclairage marche sans.
Pour aller plus loin
- Notre service relamping LED en Île-de-France
- GTB éclairage : KNX vs DALI-2 vs Bluetooth Mesh — comparatif
- Norme NF EN 12464-1 : tableau résumé
- IA et pilotage éclairage tertiaire 2026
- Justifier un CAPEX relamping à votre comité d'investissement
- Lexique éclairage LED — 50 termes pro
- Demander un audit gratuit
- Auteur — Mehdi Belkacem, fondateur S Connect
Sources externes :
- DALI Alliance — DALI-2 certification
- AFE — Recommandations gestion éclairage tertiaire
- ADEME — Plateforme OPERAT
- CIBSE — TM65 lighting energy
- Benchmark S Connect — 30+ projets DALI vs ON/OFF mesurés IDF 2022-2026
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